- ALTERNATIVE
SANTE - L'Impatient :
Quel est le premier conseil que vous donneriez à quelqu'un
qui désirerait occuper et rénover un logement déja
construit ?
Ce
n'est pas un seul conseil qui permet d'évaluer un habitat
sain mais un ensemble de critères qui aident à faire
les bons choix. Il faut d'abord évaluer la qualité
de l'environnement extérieur du logement :
- Sur
quel terrain est-il implanté ? Sa composition géologique
(radon), son humidité, son passé (remblais, ancienne
friche industrielle, épandage de boues...) ;
- Y
a t-il des sources de pollutions aériennes et olfactives
dans le voisinage et quels sont les vents dominants qui peuvents
transporter les polluants vers cet habitat ?
- Quel
est l'environnement sonore ?
- Quels
sont l'orientation et l'ensoleillement de ce logement ?
Ces
critères sont particulièrement indispensables pour
les familles d'allergiques. Il faut ensuite évaluer le bâtiment
: les divers matériaux utilisés, la qualité
de l'isolation et de la ventilation, la présence de ponts
thermiques signalés par des traces de moisissure (signe d'une
qualité de l'air médiocre), le mode de chauffage.
- On
dit que certaines pathologies sont en relation avec l'habitat.
Quelles sont-elles et quelles en sont les causes ?
Il
existe d'abord dans l'habitat un polluant mortel, le monoxyde de
carbone. L'habitat aussi a un rôle déterminant dans
les pathologies allergiques : 25 années de politique d'économie
d'énergie, conduisant à une étanchéité
des logements au lieu d'instaurer une régulation thermique,
ont eu pour conséquence une pollution de l'air intérieur,
moins médiatisée que celle de l'air extérieur
et poutant plus importante. Depuis 20 ans, les maladies de allergiques
se multiplient et s'agravent, le nombre d'asthmatiques a triplé.
L'augmentation de l'humidité intérieure par défaut
de ventilation et les nombreuses sources de polluants intérieurs
sont principalement en cause. |
- Construire
ou transfomer une maison selon les conseils de votre livre Habitat
Qualité Santé, n'est-ce pas très coûteux
?
La
qualité de l'habitat a évidemment un coût, la
santé également ! Certains choix effectués
au moment de la conception et de la rénovation peuvent avoir
des conséquences durables sur la santé. Tenter d'y
remédier plus tard risque d'être encore plus coûteux.
L'amiante était un matériaux peu cher mais présentait
un risque sanitaire qui a été volontairement négligé
: nous le payons maintenant. le coût d'un bâtiment ne
peut pas être uniquement évalué à court
terme. D'importantes dépenses de santé peuvent être
évitées si l'on inclut le long terme dans l'habitat.
- Pensez-vous
que l'écobâtiment est l'avenir de la construction
est que les fabriquants de matériaux font actuellement
de réels efforts pour intégrer la notion d'écologie
dans leurs produits ?
La
fonction première de l'habitat est d'être un abri pour
l'homme, un espace de vie le protégeant des agressions extérieures.
S'il protège l'homme à l'extérieur, il ne doit
pas être, à l'intérieur, une source de nuisances.
Danc, toute construction, si elle n'est pas seulement un produit
financier, doit être réalisée pour l'homme,
pour son équilibre physique et psychique et être de
ce fait un écobâtiment. C'est parce que la finalité
de l'habitat a été oubliée que des erreurs
sont commises dans sa conception, sa réalisation, sa rénovation.
Après des décennies de construction durant lesquelles
l'influence sur la santé a été sous-estimée,
il semble qu'une prise de conscience s'opère maintenant pour
tenter de réaliser des bâtiments plus sains.
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Propos
recueillis par F. de Jenlis et J. Goust pour ALTERNATIVE SANTE |
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